SPECTACLE FLAMENCO PARIS PRESSE CIE SABRINA LE GUEN
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CRITIQUE DU SPECTACLE ENLACE FLAMENCO PAR EMILIE CAILLEAU, L’EXPRESS

Sabrina Le Guen, « danseuse prometteuse de la scENE flamenca »– (Version PDF)

 

TABLAO ARTEBAR, MADRID

 La danseuse Sabrina Le Guen a prESENTE son nouveau spectacle Enlace flamenco, dans la pure tradition du flamenco.

 Sabrina Le Guen n’a pas grandi dans l’univers flamenco. Elle s’initie d’abord à la danse classique. Avant de troquer les pointes contre le compas (rythme) des talons. Peu importe. La pureté est la même, même si la fragilité du classique s’éclipse devant la force et la fierté de la danse andalouse. La danseuse française apprend les codes du flamenco traditionnel, à Seville et à Madrid, dans les centres de formation reconnus. Elle foule alors les planches des tablaos de la capitale espagnole comme le fameux Casa Patas. De cette expérience est née la compagnie Sabrina Le Guen et le spectacle Enlace flamenco, présenté à La Reine Blanche. Accompagnée de Carida Vega, figure montante du cante jondo madrilène, Sabrina Le Guen fait le pont entre tradition et modernité et restitue l’âme du flamenco. On appréciera l’authenticité du spectacle et l’atmosphère intimiste qui s’en dégage, à la façon des tablaos de Madrid.

 

 ARTICLE PARU DANS LA NOUVELLE REPUBLIQUE.FR

Tous transportes par le flamenco– (Version PDF)

Deux soirées de flamenco ont fait salle comble à la Touline et transporté le public, conquis par des sentiments nobles, extrêmes et contraires. « La Cécilia » Cappozzo et Sabrina Le Guen, danseuses, Alejandro Ugartemendia, chanteur, et Roman « El Afilao », guitariste, ont donné un spectacle de grande classe, tout en générosité et virtuosité, à la fois puissant et raffiné.
L’éblouissement a été total pour les spectateurs, envoûtés par les accents du chant, le jeu subtil et complexe du guitariste, la fougue, la grâce et l’élégance des danseuses. Ils ont ressenti les expressions sublimées de la souffrance, de la colère ou de l’allégresse.
Les trois modes artistiques sont si liés qu’on ne sait distinguer qui mène la danse : est ce le chanteur qui donne le tempo, le guitariste qui impose sa mélodie ou les danseuses qui veulent que la musique et le chant s’accomodent de sa gestuelle ? Qu’importe.
Personne ne s’y connaît en flamenco, et tout le monde se reconnaît dans ce qu’en donnent à voir et à entendre ces quatre artistes au talent et au coeur immenses.

 Sabrina Le Guen, « La Cecilia » Cappozzo, Roman « El Afileo », Alejandro Ugartemendia.

 

INTERVIEW PAR FLAMENCO CULTURE

Sabrina Le Guen pour FLAMENCO CULTURE: ‘Il faut assumer son baile et son identitE’- (Version PDF)

 

Que de chemin parcouru depuis la première fois que Flamenco Culture a croisé la route de Sabrina Le Guen ! Déjà à l’époque la danseuse affichait des qualités indéniables pour le baile. Elle a franchi il y a quelques mois un nouveau cap en montant sa compagnie, et nous parle de son parcours et du spectacle « Enlace Flamenco » qu’elle présentera à la Reine Blanche à Paris les 6 et 7 octobre prochains.

Sabrina, comment s’est faîte ta rencontre avec le flamenco ?

En fait, mon grand-père espagnol était aficionado et il en écoutait très souvent. Il pratiquait également un peu de guitare. Après sa mort, j’ai perdu le lien avec le flamenco et c’est lors d’un long séjour à Séville que j’ai redécouvert un son qui m’était familier et qui m’a tout de suite séduite.

Pourquoi t’es-tu dirigée vers le baile ?

 J’ai été subjuguée par la force qui se dégageait de scène lors d’une soirée tablao mais c’est suite à un rêve que tout a vraiment démarré, aussi bizarre que cela puisse sembler. Je rêvais que je dansais le flamenco et cela m’a procuré un tel sentiment de joie et de liberté que je me suis inscrite à mon premier cours dès le lendemain.

Avec qui t’es-tu formée ?

En tant que voyageuse, je me suis formée dans beaucoup d’écoles. J’ai commencé les cours à Séville avec Fernando Romero puis Alicia Marquez puis je suis allée vivre à Berlin où j’ai pris des cours avec une danseuse d’origne Sévillane, Ana Maria Amahi. Ensuite, j’ai vécu à Toulouse où je me suis formée avec Soledad C uesta. J’aurais également souhaité prendre des cours avec Fanny Fuster mais elle n’était pas encore revenue de Séville. La ville de Toulouse me semble très dynamique: elle offre de nombreuses programmations flamencas de très bon niveau. J’ai aussi suivi l’enseignement de maestros comme C oncha Jareño, Fran Espinosa, C armen La Talegona, Alfonso Losa, Inmaculada Ortega, Manuel Liñan… et tellement d’autres.

Beaucoup choisissent l’Andalousie pour aller se perfectionner, toi tu as préféré passer un an à Madrid, pourquoi ce choix ?

 Je ne connaissais pas Madrid et sa culture alors que j’avais auparavant vécudeux ans à Séville. J’avais besoin de découvrir une autre manière de vivre le flamenco.

Tu as dansé récemment à Madrid à Artebar la Latina, qu’as-tu ressenti ?

Ce fut une expérience très agréable et forte. J’étais euphorique à l’idée de partager la scène avec d’autres artistes aficionados de très bon niveau et venant des quatre coins du monde : Angleterre, Australie ou même C hili…. leflamenco n’a plus de frontières ! Il est regrettable que ce genre de rencontres entre artistes ne se fasse pas plus souvent à Paris, on apprend tellement les uns des autres dans le partage.

Tu as décidé de conserver ton vrai nom pour la scène alors que tu aurais pu comme d’autres prendre un pseudonyme, pour quelle raison?

Je pense qu’il faut assumer autant son baile que son identité. Ma mère s’appelle Dolores Delgado mais j’ai préféré garder le nom de famille qui m’a été attribué à ma naissance. Le flamenco s’internationalise : ne craignons pas de nous affirmer en tant qu’aficionados nés hors d’Espagne. Le nom de famille d’un artiste ne donne aucune indication sur la qualité de son travail !

Peux-tu nous parler du spectacle « Enlace Flamenco » que tu vas présenter à la Reine Blanche en octobre prochain ?

Il s’agit d’un spectacle de flamenco traditionnel qui réunit de grands artistes de la scène flamenca française et espagnole. Il s’organise comme un tablao. Caridad Vega qui m’accompagne au chant est originaire de Sanlucar de Barrameda. Elle travaille actuellement à Madrid avec les plus grandes compagnies de flamenco (Rafaela C arrasco, Antonio canales…). C ‘est un véritable honneur pour moi d’être accompagnée dans ce projet par des chanteurs tels que C aridad Vega et C risto C ortes. La direction musicale a été confiée a Mathias Berchadsky qui a composé spécialement pour le spectacle Enlace Flamenco! Il est accompagné à la guitare par Wilfrid Durand, et par Cédric Diot au cajon.

Que vas-tu danser ?

J’ai commencé à travailler pour ce spectacle lorsque j’étais à Madrid en 2009. A cette époque, je voulais élargir mes connaissances concernant des palos qui ne se pratiquent pas beaucoup. C ‘est la raison pour laquelle j’ai décidé de commencer le spectacle por C abales (chorégraphiés par mon maestro Fran Espinosa). Il y a ensuite un taranto, une solea et une alegria. C e sont des palos très difficiles d’exécution mais il s’agit pour moi d’un défi personnel.

Pour te préparer pour ce spectacle, combien d’heures travailles-tu par jour ?

Difficile à dire… en fait pour préparer ce spectacle je m’entraîne beaucoup et j’y pense constamment… le travail ne s’arrête pas lorsque je sors du studio de danse !

Tu organises également la semaine du spectacle un stage de cante pour le baile avec Caridad Vega…

Oui, il s’agit d’un stage exceptionnel qui ne s’est à ma connaissance jamais fait à Paris. Il s’agit d’un atelier tablao qui s’adresse aux chanteurs et aux danseurs tous niveaux. En fait, nous apprenons beaucoup de pas, de letras… mais nous ne savons pas toujours être à l’écoute des autres artistes une fois sur scène.Caridad Vega propose aux élèves de mieux comprendre quand « rematar », quand marquer et elle enseignera à travers cet atelier tous les codes qui permettent une meilleure communication entre le chant et la danse. Il ne s’agit pas d’en savoir beaucoup mais de bien utiliser ses connaissances même en ayant un niveau débutant. J’ai assisté à l’un de ses ateliers à Madrid et j’en suis ressortie ravie !

Quels sont tes projets après la Reine Blanche ?

Après la Reine Blanche, la C ie Sabrina Le Guen se produit à l’espace C ulturel Jean Vilar de Marly Le Roi. J’ai également un projet en cours avec l’excellent guitariste Jean Baptiste Marino.

Flamenco Culture, le 12/09/2012